Histoire médiévale de la Ville d'Anse


Histoire du château des tours - 1 -

A quoi pouvait ressembler la "France" en 1213
année de la construction du château ?


Il ne faut pas imaginer un pays unifié, doté d'un état centralisé comme de nos jours.

Certes, nous sommes loin de la myriade de peuples qui se partageaient notre actuel territoire
avant et pendant la conquête romaine (Alésia : -52) et dont vous aurez un aperçu en pointant ici :

Après la chute de l'Empire Romain, bien des boulversements se sont produits :

  • Prise en main des territoires par la première dynastie royale : les Mérovingiens (476 - 461)
  • Puis, tentative d'unification nationale, voire européenne avec les Carolingiens (751 - 987)
    brisée par le partage en succession de Charlemagne puis par le traité de Verdun (843)
  • Enfin, pour la période qui nous concerne ici, l'avènement des Capétiens avec l'amorce d'une France unifiée par Philippe Auguste au détriment des possessions territoriales anglaises dont la dynastie des Plantagenêt avait hérité au gré des avatars des successions et alliances familiales.

Histogramme permettant de visualiser les évènements marquants :

 

Nous sommes sous le règne de Philippe Auguste
(1165 - 1180 - 1223)


Le DOMAINE ROYAL qu'il reçoit de son père Louis VII en 1180 se réduit à peu de chose :
le petit territoire coloré en bleu-ciel de la carte ci-dessous autour de Paris - Sens - Orléans.

En 1180

Le reste du territoire qui constitue la France actuelle se partageait entre :

Les fiefs du roi d'Angleterre en 1180 :

  • Comté d'Anjou
  • Le Maine
  • Duché de Normandie
  • Comté de Poitou
  • Duché d'Aquitaine (dite Guyenne)
  • Duché de Gascogne

Le Lyonnais (tiraillé entre les comtés de Bourgogne et Forez) fait alors partie du Saint Empire Romain Germanique.

Le Poitou ne fut rattaché au royaume que sous Louis VIII et Louis IX.

Le reste du royame était composé de nombreuses seigneuries turbulentes :
le Comté de Flandres - Comté de Champagne - Comté de Nevers - le Duché de Bourgogne
Cté de Forez - Cté d'Auvergne - Cté de Toulouse

Cté d'Armagnac - Vicomté de Béarn et Cté de Bigorre font partie des fiefs royaux.

 

Elargissement du royaume par Philippe Auguste

 

En 1180, peu avant son sacre, Philippe Auguste récupère l'Artois en dot de son mariage avec Isabelle de Hainaut.
La même année il signe le traité de Gisors avec Henri II d'Angletrerre,
renforçant ainsi sa position vis à vis des grands féodaux des Flandres Champagne et Bourgogne ligués contre lui.
Le traité de Boves 1185 permet au domaine royal de s'agrandir du Vendomois et Amiens.
Voir carte :

Restent à conquérir les fiefs anglais.
Philippe Auguste ne disposait pas d'une armée suffisament puissante pour s'attaquer aux Plantagenêts.
Il usa donc d'une diplomatie combinée de machiavélisme (bien avant son fondateur 250 ans plus tard)
pour leur arracher la plupart de leurs territoires de ce côté-ci de la Manche :
il mettra à profit les tensions croisées entre Henri II roi d'Angleterre et ses deux fils
Richard-Coeur-de-Lion et Jean-sans-terre.



La bataille de Bouvines (27 Juillet 1214)
remportée par Philippe Auguste sur Otton de Germanie alors allié de Jean Sans Terre,
marque l'une des plus grandes victoires de la France.
Elle a suivi de peu la victoire du futur Louis VIII, fils de Philippe Auguste,
sur Jean sans Terre le 2 Juillet 1214.

Image extraite du site WikipédiA :

En somme, l'évolution de la France s'est éffectuée suivant un effet de dilatation
comme le souligne la juxtaposition de ces trois cartes échelonnées dans le temps ci-dessous :

Un autre site très intéressant vous relate le règne de Philippe Auguste et ses démêlés avec les Plantagênet :
Et plus généralement l'histoire du Moyen-Age :

Ces sites valent le détour : allez- y !

Autres évènements à l'époque de la construction du château des Tours.


En 1189 -1193 eut lieu la 3° croisade à laquelle participa Philippe-Auguste
à côté des armées anglaises ( Richard Coeur de Lion ) et allemandes ( Frédéric Barberousse ).
C'est à cette occasion que fut coinstruite la Muraille de Philippe Auguste
pour protéger les parisiens en absence des armées royales.
Elle est encore partiellement visible aujourd'hui.

Les itinéraires concommitents des croisés montrent bien que les pires ennemis
excellent à s'entendre quand apparaît un adversaire commun.


N'oublions pas l'épopée des Cathares, ces hérétiques dont l'influence allait grandissant
depuis le milieu du XII° siècle,
à la fois sur le peuple et même les élites.
Elle contestait à la fois le dogme et l'autorité de l'Eglise ainsi que celle émanant du système féodal.

Cette réaction déclencha la première "croisade" contre les albigeois en 1209-1218.

Cette époque nous a légué cette phrase tristement célèbre
qu'aurait prononcée Simon de Montfort au siège de Béziers en 1209.
"Tuez-les tous. Dieu reconnaîtra les siens"
En effet, les "cathares" ne pouvaient pas être ainément discernés des autres chrétiens
car ils se disaient eux-mêmes chrétiens !

Suivit l' Inquisition en 1233 - notre château n'avait alors que 30 ans !
Notre région n'a pas été concernée par ces évènements ;
pas plus que le roi de France Philippe Auguste, trop occupé par la chasse aux anglais.

Pour en savoir plus, voyez le site :

 

 

Et pour la petite histoire, c'est à cette époque que se situe la légende plus ou moins avérée
de Robin des bois en forêt de Sherwood révolté contre la tyrannie de Jean-Sans-Terre
en l'absence de Richard Coeur de Lion

L ' histoire :

A
lors que le roi Richard Coeur de Lion était en croisade,
son frère, le prince Jean sans terre, usurpa le trône
et mit en place ses amis despotiques,

Entre réalité et légende :

Le Shériff de Nottingham,
en charge de de pousuivre les hors la loi
et de sécuriser les routes commerciales
à travers la forêt de Sherwood,
opprimait et rançonnait les braves gens.

La légende :

Robin des bois, le 'outlaw', et sa bande : les 'Merry Men'
se révoltèrent ;
volant aux riches pour donner aux pauvres.

La photo :

Robin Hood Memorial à Nottingham
Bien réel celui-là.